Baby-blues: Saviez-vous que vous n’aimerez pas votre enfant?

Ou du moins, pas tout de suite ! Depuis que je suis devenue maman, j’ai comme une envie de distribuer des claques. Beaucoup de claques. A toutes celles qui m’ont vendu du rêve, sans oser me dire les choses.

Non. Je ne suis pas tombée raide dingue de « mon petit chocolat  » (comme je me plais à l’appeler aujourd’hui) automatiquement. Ça n’a pas été le coup de foudre. J’étais sous le choc, fatiguée, j’avais mal, après près de 23h de contractions Non-stop. Je l’ai vu me regarder pour la première fois dès que les médecins l’ont posé sur moi. Il avait un regard las, comme le mien. L’alchimie n’était pas présente. A vrai dire, le seul sentiment que j’avais sur le moment, c’était le soulagement.

Et puis, j’ai commencé à culpabiliser. Parce qu’on m’avait rabâché que dès que je verrai mon bébé, je vais fondre. Oublier toute la douleur, toutes les émotions par lesquelles je suis passée, et l’aimer inconditionnellement. C’est dire donc que mon ressenti ne présageait rien de bon. Je serai une mauvaise mère. Pas de doutes. Je ne l’aime pas assez déjà.

Voyez-vous, l’histoire commence comme ça. Ensuite, je m’inquiète pour lui sans trop savoir pourquoi. Je vérifie tout le temps s’il respire encore. Je le regarde et je suis aux anges. Je me dis : « Ce petit être tout fragile et tout mignon est bien à moi.  » Je suis fière. Heureuse. Comblée.

Et mon petit bébé commence à pleurer. A crier de toutes ses forces. A tout bouder, même le sein. J’essaie tout pour le calmer. Rien n’y fait. Et quand j’y arrive enfin, c’est pour deux secondes. Après, ça repart pour un tour. Alors la magie s’évapore.

J’ai même du mal à allaiter. Beaucoup de mal. Ça, on ne me l’a pas dit. Je croyais que c’était automatique. Que je le mettrais au sein, qu’il téterait, et que tout roulerait comme sur des roulettes.

Ce n’est pas possible. Je fais tout de travers. Un bébé, c’est censé téter puis dormir. Si sa couche est propre, qu’il n’a pas sommeil et qu’il est rassasié, je devrais pouvoir me reposer.

Le petit bout fantasmé n’est pas tel qu’il devait être. Je n’arrive plus à l’aimer totalement que quand il dort. Parce qu’enfin, je peux souffler.

J’ai honte d’éprouver toutes ces choses. Une maman ne peut pas ressentir ça. C’est horrible. Une bonne maman ne peut pas se demander si elle était vraiment prête pour tout ça. Se dire : « Savais-je vraiment ce que ça impliquait ? »

Je ne demande que du temps pour moi. A faire autre chose. A regarder un bon film. A prendre une longue et bonne douche, sans hâte ni pression parce que de l’autre côté, il pleure. J’aimerais dormir. Dormir. Ronfler si besoin il y a. Dormir jusqu’à épuiser tout le sommeil de mon corps. Dormir un mois d’affilé, sans me retourner. Dormir sur mes deux oreilles.

Ne pas avoir à me réveiller toutes les 30 min, la nuit. Ne pas être obligée de rester debout parce qu’il ne dort pas, et qu’il est en décalage avec mon horaire. Mais tout ça c’est trop demander. Surtout, il ne faut le dire à personne. C’est honteux.

Deux, trois jours… une semaine. A pleurer sans raison. Humeur de chien. Tristesse. Je suis anxieuse. Facilement irritable. Je suis épuisée. Le bon mot c’est DÉPASSÉE. Mais encore une fois, je dois me TAIRE.

Ça n’a duré que quelques jours. Heureusement pour moi. Après, j’ai pris mes marques. Maintenant je gère comme une pro. Ou du moins, ceux qui me voient le croit. En réalité, je tâtonne. J’improvise tous les jours. Parfois ça marche, parfois pas. J’essaie autre chose. Je m’en sors.

Je doute. Encore et encore. Mais je ne le prends plus personnellement. Parce que je ne doute plus d’un fait : « Je suis une maman-choc ! » Et je sais aussi que jamais un amour ne sera plus fort que le mien envers mon bébé.

J’ai eu plus de chance que certaines. Celles qui sont secouées par la dépression post-partum. Plus forte, plus longue, plus envahissante. Mais ça, c’est un autre sujet. Dont on parlera certainement. Prochainement.

Momie

#mamansouslechoc #babyblues #kanje

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Commentaires

  • Anonyme

    9 avril 2021 at 9:43 pm
    Reply

    J'adore

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