Pour commencer, les Champions ne s’excusent pas. Oui, nous vous avions abandonné depuis la dernière CAN (Lol). Mais c’était pour vous revenir avec la Coupe, quand même.
Bref, assez bavardé. Passons aux choses sérieuses. Je vais vous raconter comment la plus grande Fan des Lions de la Teranga a vécu sa CAN, sans démissionner de son poste de Maman.
Tout d’abord, le Foot et moi, ça fait deux. Mais moi et la CAN, moi et le Mondial, moi et la FINALE de la Champions League… c’est une toute autre histoire. Je deviens susceptible, insupportable, coach, journaliste-sportive… Tout en une personne. Et de surcroît, quand le Sénégal joue. Ce pays cher à mon cœur. Pays qui m’a tout donné.
Pour faire simple, je n’ai pas été dans cet état d’esprit tout au long de la compétition. Vous vous en doutez. Au début, j’étais sereine. Comme tout le monde. Le Sénégal était favori, tout de même. 1ère Nation Africaine de Football. Calme. Tranquille. Même pas peur.
Ça a commencé à partir en cacahuètes lors du dernier match des 1/8 de finale. Petit rappel. 2 cartons rouges pour le Cap-Vert, équipe adverse. Et les Lions qui se baladaient dans le terrain, en somnolant. Sans pression. Déjà, j’avais décidé de suivre le match au bureau. C’est réconfortant de flipper en groupe. Entre collègues. J’avais donc grignoté sur les minutes de retrouvailles avec mon petit bébé. Et au bout des 90 minutes, de ma sérénité, il ne restait plus que des miettes. Les Lions étaient en 1/4. Moi j’étais mal.
Et puis, et puis, et puis… Les 1/4 de finale. Contre la Guinée Équatoriale. Un dimanche à 19h. Le premier but du Sénégal. Ethan, mon fils, qui avait la malchance de se trouver dans mes bras, s’est vite retrouvé dans les airs. Sans trop comprendre ce qui lui arrivait. Autour de nous, des amis qui hurlaient à tue-tête. Mon bébé était à la fois amusé et apeuré. Je l’ai serré contre moi. Mais impossible de me calmer non plus. Je criais à en perdre la voix. Mon pauvre chéri. Ses pauvres oreilles. (Ceci n’est qu’un faible récit de ce qui s’est passé. Vous imaginez à la fin du match, avec un score de 3-1.)
Face au Burkina en 1/2 finale, No Stress. Un petit entraînement de rien du tout. La confiance totale. Zen Attitude. Passons.
Et alors venu LA FINALE. Mes gens, ne revenons pas sur la confiance et l’envie des Lions Indomptables (finalement domptés) à défier Les Vrais Lions. De la Teranga. Dieu n’aime pas que l’on se moque des autres, haha.
Les Pharaons. Quels adversaires! Ils nous ont fait douter. Fait trembler. Presque pleurer. Et Sadio Chéri Coco qui a raté un premier penalty. Mon cri, Ethanouche ne s’en remettra pas de sitôt. Mais maintenant que je sais, que nous savons, merci à lui d’avoir fait durer le suspens. N’est-ce pas?
Les prolongations se profilent à l’horizon. J’ai chaud. J’ai peur. Je flippe, du verbe « trouiller ». J’en ai oublié que mon ‘tit bout doit manger. Je ne suis pas bien. Je ne tiens pas en place. Lui, il est largué. Il ne comprend pas pourquoi les rires et les blagues ont fait place à un tel silence.
Viennent alors Les Tirs Aux (Jésus de Nazareth) Buts. Ces Pharaons qui ont réussi à éliminer ainsi tous les autres. Et le Sénégal qui a déjà perdu 2 finales de la CAN. Jamais 2 sans 3, right ? J’ai envie de me dire que je suis Burundaise. Tout court. De respirer. Je ne peux pas. Je vis dans ce pays. Il vit en moi (c’est poétique, haha). Mais bon bref, je ne peux pas assister à ce carnage. Je n’en ai pas la force. Je prends mon bébé, je m’enferme dans la chambre. Je fais semblant de le changer. Ça fait longtemps que j’ai arrêté de respirer. J’ai les mains moites.
Le cri Ultime. Des Vuvuzelas. Des pleurs. J’ouvre doucement la porte, je ne suis pas sûre de ce que j’entends. Je n’y crois pas. Mes amis sont en transes. J’entre en transes. Ethan aussi. Enfin, lui il est plutôt effrayé. Choqué. Perdu. La suite, je ne m’en rappelle pas. Mon cerveau a effacé certains délires. Je me suis réveillée mardi. Après un férié le lundi (emoji qui danse).
Bref, bref, bref. Champions, Championnes d’Afrique (Eh oui, c’était le Monde contre l’Égypte), Kanje est de retour. Reprise de ma fonction de Maman sous le choc.
P.S: Ce texte n’était qu’un entraînement.
Momie.