Quel supplice est-il de clamer une chose pareille pour son tout mignon bout de chou ! Si Dieu a bien doté la femme de ce pouvoir de nourrir des générations de ses propres entrailles, qui souhaiterait donner de l’artificiel à son enfant? Eh bien ça sera de l’artificiel pour moi, Merci encore!
À la minute près, je vois ce petit être tout frêle et pâle…il est mien et je n’ai qu’une seule envie: le tenir dans mes bras, le garder, le prendre avec moi à la maison et vivre un conte de fée, comme je le lisais dans les livres ou l’entendais de toutes mes copines fraîchement mamans. J’avais hâte, tellement hâte d’être ENFIN MAMAN.
Les jours qui suivent, je m’attèle à ma tâche de maman. Pourtant, je ne le sens pas. Je ne sens pas venir ce grand changement en moi (à part la fatigue immense et les déchirures de partout).
J’allaite. Grand choc, mon enfant ne prend pas le sein ! Il n’est même pas intéressé, car depuis l’hôpital, maman n’avait pas encore son lait et bébé s’était donc habitué aux grandes gorgées du biberon. Je me bats tant bien que mal afin de casser cette routine, en vain.
Maman obnubilée, suis-je en train de faillir dès les tout premiers débuts de ma maternité? Je dors à peine. Mes nuits, je les passe tantôt à trouver des solutions pour stimuler mon lait ou trouver les positions adéquates d’allaitement, tantôt à angoisser à mort. Pourquoi ce qui est supposé se passer naturellement devient de plus en plus compliqué pour moi ?
Des jours se succèdent, les semaines deviennent des mois. C’est le noir total dans ma tête. J’ai du mal à me mettre à l’évidence que je ne vais pas pouvoir allaiter mon enfant ! J’en pleure chaque fois que je lui tends le biberon, après de longs cris de sa part, après chaque tentative de le mettre au sein.
Mon cœur se consume. Je souffre en silence, j’en meurs à petit feu. Je me tais. Personne ne doit savoir que je n’ai pas réussi à la tâche la plus magique et naturelle au monde. Qui sait encore, la plus basique ! Le pire est de penser à certaines mamans qui me dédaignent de donner du lait en poudre à mon fils, comme si je lui faisais boire du poison.
Eh Dieu ! Et ces coups de poignard dans le cœur de la part de ces mamans qui m’attaquent : « Urafise amaberebere menshi? » ou bien « Ka bébé karonka neza mw’ijoro? » (Question d’Etat, Oui venez, discutons-en sur la place publique!) Sans mentionner les plus virulentes qui me balancent en pleine figure: « Urakwiye kwikuramwo ubunebwe, hama ukame amaberebere, araboneka. » La goutte d’eau qui fit déborder le vase: « Ntuze wigire nk’aba mamans bo mumuji uhe amata y’ifu umwana wawe; ukwiye kumwonsa! »
Je pleurais tellement, suppliant Dieu de me venir en aide ! Mais il me fit bien comprendre que c’était pour moi le chemin à emprunter, et que mon enfant grandira en bonne santé comme tous ces autres « allaités exclusivement » (Comme je hais ce mot!!!) Bien que le chemin à abattre reste encore très long, parce que toujours coupable de ne pas avoir allaité mon tendre bébé, je suis et demeure une maman sauvée par le biberon, reconnaissante de ne noter aucun trouble causé par ce MANQUEMENT.
P.S: Si un jour tu me lis mon Trésor, j’espère que tu me comprendras et me pardonneras de ne pas t’avoir donné exclusivement un peu de moi.
Avec tout l’amour,
Maman
Commentaires
Gloria
Ne te culpabilise pas, tu as fait tout ton possible...mais pour ton 2e enfant..bien sûr si tu y penses..tu peux l'allaiter exclusivement si tu intègre […] Lire plusNe te culpabilise pas, tu as fait tout ton possible...mais pour ton 2e enfant..bien sûr si tu y penses..tu peux l'allaiter exclusivement si tu intègre des groupes de soutien des mamans pour l'allaitement exclusive...moi même j'ai pas pu le faire pour mon 1er bb mais avec la grâce de Dieu et en étant préparée, je sais que je vais y arriver pour mon 2e enfant...courage chère maman... Read Less
Anneliese van Beerendonk
Je m'y reconnais et chacun semble savoir ce qui est bon pour toi... Je devais retourner au travail, mon bébé avait 3 mois, Bose ngo […] Lire plusJe m'y reconnais et chacun semble savoir ce qui est bon pour toi... Je devais retourner au travail, mon bébé avait 3 mois, Bose ngo uzomukamire umusigire NTA mata womuha mais j'ai essayé un weekend seulement, un weekend horrible et j'ai décidé d'arrêter. Vive le lait (pas maternel) et mon bébé a grandi, 11 ans, pas de séquelles. Donc, jeunes mamans, faites ce qui est possible, ce que vous voulez, ce qui est bon pour vous et votre bébé et pas ce que les autres disent!!! Read Less